Bienvenue aux pays des Korrigans !

Chambre d'hôtes Les Korrigann’ès, Pontrieux, Côtes-d'Armor

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Au cœur du village de Pontrieux, la quiétude de la maison d'hôtes des Korrigann'es inspire le calme et  la douceur du voyage... Une pause sereine teintée d'épices.

Interview :

  • Vous insistez sur le terme de voyageurs pour interpeller vos hôtes. Qu'entendez-vous par cette conception particulière ?

Frédérique : les voyageurs prennent le temps de découvrir, de s'inspirer en fonction de ce qu'ils ont à inventer. Lorsqu'on voyage, on a un esprit de voyageur particulier. Celui qui a un esprit hôtelier, va trouver des endroits qui lui correspondent... disons, plus standardisés ! Mais il y a autant de voyageurs que de type de voyages.

  • Et quel voyage les attend dans l'enceinte de cette maison et de ce jardin clos ?

Frédérique : ici, en dehors du souci écologique qui a été au cœur de la restauration du bâtiment, il y a également le charme. Pour moi, un voyage sans charme, c'est un peu comme si vous alliez au supermarché et que vous achetiez un produit d'une marque lambda, au goût uniformisé. Le charme va parsemer d'épices votre voyage.

  • C'est également la raison d'être de votre salon de thé ?

Frédérique : oui, c'est dans le même esprit. C'est une ouverture au monde, et le voyage continue. Dans une majorité de pays, l'accueil se fait autour d'un thé, avec différentes manières de le servir bien sûr. Il y a donc une approche culturelle de l'humain. Il y a toute une démarche philosophique derrière qui correspond bien à ce que je suis et au lieu que j'ai créé.

  • Est-ce aussi un voyage qui vous a menée, il y a 17 ans,  jusqu'à Pontrieux ?

Frédérique : c'est encore en effet une histoire de voyage, mais c'est le mien. Je ne cherchais pas du tout un bâtiment comme celui-là, plutôt une vielle grange à la campagne... et puis je viens visiter Pontrieux, car c'est une cité d'artisans d'art, et je suis moi-même mosaïste antique. J'ai vu un ancien bâtiment, en terre, magnifique... et je dis tout haut dans la rue : « Ah ! J'aimerais bien visiter ! ». Une petite grand-mère était à sa fenêtre et m'a répondu : «  je vous y emmène si vous voulez ! » Mais au lieu de me faire visiter le bâtiment, elle m'a fait traverser la rue et a ouvert la porte de cette maison.

  • Et c'était en quel état ?

Frédérique : en ruine !!! Mais il y avait de très beaux restes, avec des enduits en terre et paille magnifiques ! Une chance que cela n'ait pas été touché depuis 40 ans avec diverses restaurations hasardeuses....

  • Quelle fut votre ligne directrice lorsque vous avez dû restaurer ces 600 m² ?

Frédérique : l'idée de départ était de me réapproprier les techniques des anciens et de refaire à l'identique tous les murs en terre et paille et les plafonds en quenouille ! Et puis, après une formation, je me suis vite rendue compte de l'impossibilité pour une femme seule de faire cela sur tous les étages. Cette technique demande énormément de force physique.

  • Que décidez-vous alors ?

Frédérique : respecter l'esprit de la maison était primordial... J'ai alors trouvé un artisan dans le sud Bretagne qui venait d'ouvrir, c'était un précurseur. Il avait ses propres champs de chanvre et faisait des chantiers tout en chanvre et chaux... C'était inespéré de trouver un homme comme lui dans la région et surtout à cette époque ! Au noël suivant, on m'a offert un cadeau extraordinaire : une bétonnière ! C'était donc parti ! J'ai mis 7 ans à restaurer cette maison.  Et depuis, la maison respire à pleins poumon. Je fais par exemple sécher mon linge tous les jours à l'intérieur, il n'y a pas un gramme d'humidité. J'aime l'appeler la maison organique, je pense que c'est cela le véritable futur, des maisons qui vivent et respirent... comme un être humain.

  • Et pour la décoration, comment vous y prenez-vous ?

Frédérique : j'avais un terrain de jeu assez simple ! Du fait de tous ces murs en matière naturelle, le décor en lui-même suffisait à se sentir bien... parce qu'en fin de compte, quand la matière est naturelle et belle, il n'y a pas besoin de beaucoup plus... Ensuite, la prescription, c'était de faire avec ce que j'avais nous avions, d'abord financièrement, car on est vite ramené à la réalité !

  • Ce qui est plutôt bien d'ailleurs... Mais j'imagine que ce n'est pas seulement par nécessité que vous meublez votre lieu avec des objets simples, bruts, faits à partir de matériaux récupérés ?

Frédérique : cela correspond également à ma manière de vivre. Je crois que je suis une écologiste dans l'âme depuis ma naissance. Et j'ai eu aussi la chance de voyager et comme beaucoup de bretons, j'ai été élevée à l'étranger, en Asie précisément. A l'époque, malheureusement cela a beaucoup changé, les gens faisaient des objets de décoration avec des éléments naturels. Cela a été ma première leçon de décoration! Avec ce qu'ils avaient autour d'eux, et bien sûr leur savoir-faire et leur talent, ils faisaient des choses magnifiques et harmonieuses... Et en plus, ces objets avaient toujours une utilité... Tout cela a formé mon œil, j'en suis sûre.

  • Des pieds de piano retournés pour servir de socles à des étagères, des ornements de tête de lit breton pour des poignées de portes... La maison est emplie de détails récupérés, détournés...

Frédérique : oui, en effet, je récupère des objets, et ensuite je vois ce que je peux en faire. Mais tout repose sur l'imaginaire...

  • Il faut tout de même avoir un esprit créatif...

Frédérique : on l'a tous en nous, mais certains ont oublié de le cultiver... surtout dans nos sociétés où l'on nous donne à voir des choses toutes faites ! L'esprit n'est plus tourné vers le processus de fabrication. Mais il suffirait peut-être juste d'entamer la démarche inverse... Et puis,  on nous inculque tellement de choses qui viennent étouffer cet esprit fertile.

  • Auriez-vous une recette simple de décoration pour que chacun puisse justement ré-ouvrir cette porte ?

Frédérique : oui, une chose toute simple par exemple... c'est le brou de noix. Pour les habillages des sous-pentes, j'ai utilisé des planches de pin lambda que je suis venue teinter avec du brou de noix. Selon les mélanges, on obtient différentes teintes... Et puis il y a aussi les badigeons à la chaux. On mélange de la chaux aérienne avec de l'eau et un verre de lait, pour avoir un rendu plus duveteux, et on badigeonne les murs avec. C'est sain, d'une blancheur éclatante, et cela remplace toutes les peintures hors de prix ! Et s'il l'on veut de la couleur, il suffit d'y ajouter des pigments !